Quel est le moral des investisseurs américains en France ?
Depuis plus de 25 ans, le Baromètre AmCham-Bain mesure le moral des investisseurs américains en France et leur perception de l’environnement économique. Réalisée auprès de dirigeants de filiales de groupes américains représentant plus de 150 000 emplois et près de 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, l’édition 2026 montre une perception à un niveau historiquement bas, dans un contexte d’incertitude politique et géopolitique. La France conserve néanmoins des atouts reconnus tels que l’innovation, les compétences, les infrastructures et la qualité de vie.
Comme chaque année les résultats du Baromètre ont été présentés en premier lieu à l’Élysée, à Matignon, au Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères ainsi qu’à Bercy. Le but étant d’ouvrir le dialogue et d’éclairer les décisions publiques en matière de compétitivité et d’attractivité.
Le Baromètre a été dévoilé officiellement le 18 février lors d’une conférence de presse , suivie d’un événement réservé aux entreprises Membres de l’AmCham.
Eglé de Richemont, Présidente de l’AmCham, a ouvert l’événement en rappelant l’engagement des acteurs économiques.
Les entreprises américaines sont prêtes à accélérer leurs investissements, à renforcer leur ancrage industriel et technologique, à innover et à créer des emplois. Elles attendent en retour des gages forts pour un environnement stable, lisible et compétitif.
Marc-André Kamel, Vice-président de l’AmCham et Associé Senior chez Bain & Company, est ensuite entré dans les détails des résultats :
Le socle d’attractivité de la France demeure solide. Mais la confiance des investisseurs américains atteint aujourd’hui un niveau historiquement bas. Retrouver de la stabilité politique, de la prévisibilité fiscale et simplifier durablement l’environnement administratif est indispensable pour préserver notre compétitivité dans un contexte international de plus en plus exigeant.
Mickaël Locoh, Président de l’AmCham et Vice-président & Directeur général Europe du Sud et Afrique chez Steelcase, a ensuite présenté les recommandations stratégiques de l’AmCham.
Au-delà de nos cinq recommandations, il faut replacer l’attractivité économique au cœur de la stratégie nationale, au-delà des cycles électoraux, en renforçant le dialogue franco-américain et en associant pleinement les acteurs économiques à la conception des réformes.
En dépit d’un niveau de confiance qui continue de s’éroder, l’intérêt des investisseurs américains pour la France demeure fort, structurel et stratégique. Cette réalité a été confirmée par les panélistes lors d’une session animée par Olivier Marchal, Président France de Bain & Company. Les débats ont réuni (respectivement dans l’ordre de gauche à droite) Aude Pertoldi (Dow), Barbara Sessa (Mastercard), Philippe Emery (Abbott) et Philippe Lecanthe (Dell), qui ont tous orchestré un échange sur la résilience des liens transatlantiques.
La conclusion est revenue à Sébastien Martin, Ministre délégué chargé de l’Industrie.
Lorsque les rapports de force se durcissent, il faut préserver les liens. Au-delà des cycles politiques, la relation franco-américaine repose sur une base industrielle et stratégique solide qui doit être préservée dans un monde imprévisible.


