L’infrastructure numérique, un enjeu clé pour la performance de l’IA en France
La troisième édition du Cisco AI Readiness Index révèle qu’environ 6 % des organisations françaises — et 13 % au niveau mondial — se distinguent par leurs performances supérieures en matière de création de valeur liée à l’IA. Le rapport met en évidence les premiers signes d’une dette d’infrastructure potentielle, susceptible de limiter le potentiel de l’IA. Cela s’explique principalement par : des capacités GPU insuffisantes, un manque de centralisation des données et une augmentation rapide de la demande.
La dette d’infrastructure IA : un obstacle croissant à la création de valeur
Le rapport introduit la notion de « dette d’infrastructure », une forme moderne de la dette technique et numérique qui a déjà ralenti la transformation digitale. Il s’agit de l’accumulation progressive de compromis, de mises à jour reportées et d’architectures sous-financées qui, à terme, érodent la valeur générée par l’IA.
Des signaux d’alerte sont déjà observables : parmi les entreprises françaises, 42 % anticipent une hausse de plus de 30 % des charges de travail d’IA dans les trois ans. Parallèlement, 68 % peinent à centraliser leurs données, seules 24 % disposent de capacités GPU robustes, et moins d’une sur trois peut détecter ou prévenir les menaces spécifiques à l’IA. Plus d’un tiers (33 %) estime que leurs réseaux ne sont pas adaptés pour gérer la complexité ou le volume croissant des données, et seulement 9 % qualifient leurs réseaux de flexibles ou adaptables.
Ces constats soulignent le décalage entre l’ambition affichée en matière d’IA et le niveau de préparation opérationnelle. Les organisations pleinement prêtes (les précurseurs) conservent un avantage durable, faisant preuve d’une nouvelle forme de résilience : une approche systémique et disciplinée, qui équilibre les objectifs stratégiques, les données et les infrastructures nécessaires à l’évolution rapide de l’IA. Ces entreprises préparent déjà l’avenir : 98 % des précurseurs conçoivent leurs réseaux pour gérer la croissance et la complexité de l’IA, contre seulement 32 % des autres entreprises françaises.
Cette combinaison de vision et de fondations solides génère des résultats concrets, alors que deux dynamiques majeures transforment le paysage : les agents IA, qui imposent de nouveaux standards en matière d’échelle, de sécurité et de gouvernance, et la dette d’infrastructure IA, qui se manifeste par des goulets d’étranglement susceptibles de limiter la création de valeur à long terme.
L’AI Readiness Index met en lumière les mêmes lacunes critiques déjà identifiées par la stratégie européenne « Apply AI Strategy ». Les organisations ayant une démarche anticipatrice et structurée récoltent déjà les bénéfices de l’IA. La préparation devient le véritable facteur différenciant : celles qui investissent dans des infrastructures robustes et des stratégies proactives sont déjà positionnées stratégiquement pour capter toute la valeur de l’IA et sont prêtes à répondre à l’accélération de la demande. Le futur règlement européen sur le Cloud et le développement de l’IA (EU Cloud and AI Development Act) représente également une opportunité clé pour doter l’Europe des fondations nécessaires à une innovation IA à grande échelle.
La recherche de Cisco met en évidence une tendance constante parmi les leaders de l’IA qui enregistrent des retours tangibles.
L’IA doit être au cœur du business, pas un projet annexe
Moins de la moitié (45 %) des entreprises françaises déclarent disposer d’une feuille de route IA, et seulement 26 % d’un plan d’accompagnement du changement. Parmi les précurseurs mondiaux, les budgets sont à la hauteur des ambitions, 79 % faisant de l’IA leur priorité d’investissement. Ce chiffre chute à 20 % en moyenne en France, où seulement 32 % disposent de stratégies de financement à court et long terme.
Construire une infrastructure prête à croître
71 % des précurseurs mondiaux estiment que leurs réseaux sont totalement flexibles et capables d’évoluer instantanément pour tout projet IA, un écart majeur avec la France où cette proportion n’atteint que 9 %. En Europe, 41 % des sondés prévoient d’investir dans de nouvelles capacités de data centers au cours des 12 prochains mois.
Passer du pilote à la production
En France, seules 8 % des entreprises disposent d’un processus d’innovation mature et reproductible pour générer et industrialiser des cas d’usage IA, et 9 % ont déjà finalisé ces cas d’usage.
Transformer la sécurité en avantage
Seuls 33 % des répondants français ont une bonne compréhension des menaces spécifiques à l’IA, 22 % intègrent l’IA dans leurs systèmes de sécurité et d’identité, et 38 % sont pleinement équipés pour contrôler et sécuriser les agents IA.
Les précurseurs enregistrent des résultats bien plus significatifs que leurs pairs : 90 % observent des progrès en rentabilité, productivité et innovation, contre 54 % en France.
À propos du Cisco AI Readiness Index 2025
Le Cisco AI Readiness Index 2025 est une étude mondiale, désormais dans sa troisième année, fondée sur une enquête en double aveugle menée auprès de 8 000 décideurs IT et métiers responsables de la stratégie IA au sein d’organisations de plus de 500 employés et opérant dans 26 secteurs.