Préserver l’attractivité française
5 recommandations de l’AmCham
L’édition 2026 du Baromètre AmCham-Bain révèle que les investisseurs américains ne remettent pas en cause les fondamentaux de l’attractivité française. Ils soulignent néanmoins un décrochage de confiance persistant et expriment avec constance l’urgence de restaurer une plus grande visibilité en matière de fiscalité, de simplification administrative et de stabilité institutionnelle dans un contexte d’instabilité politique et géopolitique croissante.
Les recommandations formulées cette année par l’AmCham s’inscrivent dans la droite ligne des précédentes éditions : elles visent avant tout à renforcer la crédibilité, la lisibilité et la stabilité de l’action publique. Plus que jamais, les investisseurs ont besoin d’un cap clair, engageant et sécurisé.
1. Sécuriser l’attractivité du marché français dans un contexte politique et géopolitique bouleversé
L’année écoulée a été marquée par de nombreux rebondissements, tant sur le plan transatlantique, avec notamment les accords de Turnberry, qu’à l’échelle nationale : la chute du gouvernement Bayrou, celle du premier gouvernement Lecornu ainsi que l’adoption dans la douleur du budget 2026, ont fortement ébranlé la confiance des entreprises dans les institutions. Aussi, l’AmCham souhaite insister sur l’impératif de repositionner les enjeux d’attractivité au coeur de la stratégie nationale.
Recommandations
Afficher un cap économique clair et trans-partisan, afin de garantir la continuité et la crédibilité des politiques d’attractivité, indépendamment des cycles électoraux.
Renforcer le dialogue économique France-États-Unis, en s’appuyant pleinement sur les Chambres de commerce et autres institutions engagées en faveur d’une relation transatlantique solide et d’un dialogue avec les entreprises.
Inscrire l’attractivité économique dans l’ancrage des investissements, de l’emploi et de la création de valeur en France, en abordant les enjeux de souveraineté avec discernement.
Associer davantage les acteurs économiques à la co-construction des réformes structurelles, pour bénéficier de leur expérience et renforcer l’acceptabilité et l’efficacité des mesures mises en oeuvre.
Intégrer systématiquement la sécurité des biens et des personnes dans les politiques d’attractivité nationales et régionales, afin de garantir un environnement stable et protecteur pour les investisseurs et leurs collaborateurs.
2. Rétablir la confiance par un véritable choc de simplification administrative
Entre 2002 et 2023, la production d’articles de loi a bondi de 76 % et celle des articles réglementaires de 56 %. Les codes de l’environnement, du commerce et de la consommation ont connu des augmentations substantielles, respectivement de 653 %, 364 % et 311 %. Véritable « impôt papier », la charge administrative limite considérablement la compétitivité des entreprises et constitue un frein à l’attractivité. Ce coût pèse sur les entreprises, les administrations chargées de mettre en œuvre ces textes et les tribunaux en cas de litige, à un moment où l’efficacité et les économies publiques sont plus que jamais nécessaires.
L’AmCham juge essentiel de mettre en oeuvre un véritable choc de simplification, destiné à faciliter la vie
des entreprises et favoriser les investissements étrangers en France.
Recommandations
Faire aboutir le projet de loi Simplification et lancer un programme pluriannuel de simplification, avec des objectifs clairs, mesurables et suivis publiquement (délais, nombre de procédures, coûts …), afin de réduire la charge administrative, diminuer les coûts pour l’ensemble des acteurs (entreprises, administrations et tribunaux) et d’améliorer la prévisibilité pour les entreprises.
Assurer une mise en oeuvre unifiée et cohérente de l’accompagnement administratif des investisseurs, en veillant à éviter les différences d’approche entre territoires et à offrir un parcours clair et sécurisé pour tous les projets d’investissement.
Encadrer strictement les pré et surtranspositions européennes dans le droit français, afin de réduire les complexités inutiles, de garantir une application harmonisée des normes européennes et de contribuer à la création d’un véritable marché commun européen.
Stabiliser les règles administratives sur la durée d’un cycle moyen d’investissement, pour renforcer la confiance des entreprises et permettre une planification fiable et durable de leurs projets en France.
3. Restaurer la compétitivité au travers d’une fiscalité allégée, plus lisible et prévisible
Entre 2019 et 2024, la mise en oeuvre de la politique de l’offre, pierre angulaire des deux mandats du Président Macron, a permis de faire baisser le taux de prélèvements obligatoires de 48,3 à 45,3 % du PIB. Cette politique de « modération fiscale » a, toutefois, été battue en brèche par les deux projets de loi de finances pour 2025 et 2026 avec notamment le vote de la surtaxe à l’impôt sur les sociétés. La France demeure, juste derrière le Danemark, en tête des pays européens avec la fiscalité la plus lourde, devant l’Allemagne (40,9 % du PIB), l’Italie (42,6 %) et la moyenne européenne (40,4 %).
Dans ce contexte, l’AmCham recommande la reprise d’une dynamique de modération fiscale ainsi qu’une plus grande prévisibilité de l’évolution du montant de l’impôt acquitté par les entreprises.
Recommandations
Donner une trajectoire claire et crédible de baisse de la fiscalité de production, inscrite et sécurisée dans la durée, afin de renforcer la confiance des entreprises et d’encourager l’investissement à long terme.
Garantir la stabilité fiscale pour les entreprises sur la durée d’un cycle moyen d’investissement pour permettre une planification fiable et limiter les incertitudes qui freinent le développement.
Renforcer la lisibilité du coût global d’implantation pour les nouveaux investisseurs, en clarifiant l’ensemble des taxes et contributions applicables, et en simplifiant la lecture du cadre fiscal.
Sanctuariser et mieux valoriser les dispositifs d’incitation existants (CIR, CII…) afin de
soutenir l’innovation & la R&D, sans les remettre régulièrement en cause, notamment dans
le cadre des exercices budgétaires, ce qui affaiblit la confiance dans la stabilité de ces
dispositifs, pourtant largement plébiscités.
4. Repositionner la transition écologique comme un levier différenciant de compétitivité française
La transition écologique mise à l’agenda européen par le Green Deal devrait pouvoir être perçue comme une source d’opportunités pour les entreprises, et non comme un frein à l’investissement ou un coût supplémentaire. Une production d’électricité abordable, décarbonée et en quantité suffisante, constitue un réel levier de compétitivité pour l’industrie européenne.
Aussi, l’AmCham recommande d’adopter une logique de conciliation réaliste et vertueuse des enjeux économiques et écologiques, afin de transformer la transition écologique en levier de compétitivité.
Recommandations
Clarifier la trajectoire climatique à long terme, en la rendant cohérente avec les nouvelles contraintes économiques et géopolitiques, afin de donner aux entreprises la visibilité nécessaire pour orienter leurs stratégies et leurs investissements.
Intégrer la transition écologique dans une logique de souveraineté énergétique et industrielle, plutôt que comme une contrainte supplémentaire, afin de soutenir la compétitivité et l’autonomie des entreprises.
Capitaliser encore plus sur l’avantage comparatif du nucléaire, qui bénéficie d’une perception très positive auprès des investisseurs et constitue un atout stratégique pour l’industrie et l’énergie bas carbone.
Simplifier et renforcer l’accès aux dispositifs de soutien à la transition climatique pour faciliter leur utilisation par les entreprises et maximiser leur impact en termes d’innovation et de réduction des émissions.
5. Capitaliser sur l’excellence du système de formation français et mieux retenir les talents
La France dispose d’un système de formation reconnu pour sa qualité et sa diversité, constituant un atout majeur pour son attractivité. Dans un contexte de transformations technologiques rapides et de concurrence internationale accrue pour les talents, il est toutefois essentiel d’adapter les parcours de formation et de renforcer les passerelles entre formation, emploi et innovation.
Capitaliser sur cette excellence implique non seulement d’anticiper les besoins en compétences des métiers d’avenir, mais aussi de créer les conditions favorables à la rétention et à l’attractivité des talents, qu’ils soient nationaux ou internationaux.
Recommandations
Accélérer l’adaptation des formations initiales et continues aux métiers d’avenir (IA /data, cybersécurité, industrie verte, santé…), afin de doter les jeunes et les professionnels de compétences stratégiques recherchées par les entreprises.
Accompagner les entreprises dans leur « transition IA », en soutenant la montée en compétence ou la reconversion des salariés expérimentés.
Renforcer les partenariats public-privé entre entreprises, universités et centres de recherche, pour favoriser l’innovation, faciliter l’insertion professionnelle et assurer une meilleure adéquation entre enseignement et besoins du marché.
Faciliter l’attractivité des talents internationaux (visas, reconnaissance des compétences, mobilité des familles…), afin de rendre la France plus compétitive face à ses voisins européens.
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